Appareils auditifs : origine, histoire et secrets

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27/02/19

Pour résoudre les troubles auditifs auxquels il est parfois confronté, l'Homme a dû redoubler d’imagination et, surtout, d’innovation. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, les aides auditives ne datent pas du siècle dernier, mais bien avant… 

Avant même de bénéficier de toutes les avancées de la technologie, l’Homme a d’abord utilisé ce que la nature lui offrait. Dès l’Antiquité, on sait que les Grecs se servaient déjà des coquilles de mer pour accroître leurs perceptions auditives. Une manière ingénieuse ‒ et bien plus efficace − de remplacer la main placée derrière l’oreille ! Au Moyen Âge, les cornes d’animaux ont très vite remplacé les coquillages, beaucoup moins faciles à dénicher !

Viendront ensuite des objets plus insolites tels que l’ellipsis otica et le tubus cochleatus qu’un certain Athanasius Kircher, chercheur et inventeur de génie, créa au XVIIe siècle. Ce sont tous ces petits pas qui, mis bout à bout, ont nourri les recherches du chirurgien français Claude-Nicolas Le Cat et lui ont permis de mettre au point le premier véritable appareil auditif de l’histoire : le cornet acoustique.

Si le cornet acoustique permettait une amplification de 15 décibels environ, l’appareil auditif en lui-même s’avérait particulièrement encombrant. Les travaux suivants ont donc consisté essentiellement à en miniaturiser progressivement les différents éléments afin de le rendre moins visible. De mise jusqu’au début du XXe siècle, le cornet fait ensuite place au dentaphone qui prévoyait une conduction osseuse du son via une membrane tenue par… les dents !

Cette invention un peu curieuse signe les débuts de l’audioprothèse. C’est un ingénieur américain prénommé Miller Reese Hutchison qui mit au point en 1899 la première prothèse auditive électrique au carbone. L’Acousticon, comme elle fut appelée, sera commercialisée dès 1905 et connaîtra un grand succès.

L’univers de l’audioprothèse progresse petit à petit en ce début de XXe siècle, mais connaîtra un grand coup d’accélérateur dans les années 1930 avec l’arrivée du sonotone. La marque américaine éponyme s’impose comme l’un des acteurs majeurs dans le monde des appareils dédiés aux troubles auditifs. Mais elle est loin d’être la seule. 

Les laboratoires Bell Telephone font également avancer considérablement les outils à la disposition des audioprothésistes en inventant le transistor au germanium (1948). Cette nouvelle technologie donnera vie au premier appareil « contour d’oreille » créé par la compagnie Acousticon en 1952, beaucoup plus petit que les autres types d’aides auditives.

À la fin des années 1970, les progrès technologiques sont tels que les appareils auditifs commencent désormais à être installées dans l’embout auriculaire, voire dans la conque de l’oreille. Le sur-mesure fait son apparition avec la naissance des premières aides auditives intra-auriculaires. Les fabricants ont désormais pour objectif de rendre invisible la prothèse en l’insérant intégralement dans le conduit auditif. Les années 1990 signent une nouvelle révolution avec l’apparition du numérique. L’évolution, cette fois, ne se fera pas tant sur la forme des appareils auditifs, mais plutôt sur leurs propriétés technologiques et leurs performances. En plus de restituer des sons de grande qualité, les prothèses nouvelle génération offrent un confort auditif inégalé.

Les aides auditives sont comparables à des micro-ordinateurs. La connectivité représente aujourd’hui le nouveau défi sur lequel les spécialistes et les chercheurs se penchent. Wi-Fi, Bluetooth… Désormais, les appareils auditifs interagissent avec les outils numériques (ordinateurs, tablettes, smartphones…) présents dans l’environnement de la personne appareillée. Les perspectives d’évolution et de connexion sont immenses et laissent présager des innovations d’importance dans les années à venir.

 

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