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Mycose de l’oreille : reconnaître, traiter et prévenir cette infection souvent méconnue

La mycose de l’oreille est une affection plus fréquente qu’on ne le pense, mais encore mal comprise. Elle touche le conduit auditif externe, parfois la zone située derrière l’oreille, et peut provoquer des symptômes très gênants : démangeaisons intenses, sensation d’oreille bouchée, écoulements, douleurs ou baisse de l’audition. Souvent confondue avec une otite bactérienne ou un eczéma, elle nécessite pourtant une prise en charge spécifique.

Avant d’entrer dans le détail, il est important de rappeler que toute gêne auditive persistante mérite une évaluation adaptéeUn test auditif peut constituer une première étape utile, complétée si besoin par un bilan auditif* en centre spécialisé ou auprès d'un médecin ORL.

Les personnes déjà équipées d’un appareil auditif doivent être particulièrement vigilantes, car certains facteurs favorisent les infections du conduit auditif. En cas de doute, l’accompagnement par un audioprothésiste permet d’identifier rapidement un problème et d’orienter vers un professionnel de santé.

Qu’est-ce qu’une mycose de l’oreille ?

La mycose de l’oreille, aussi appelée otomycosis, est une infection fongique du conduit auditif externe. Contrairement aux otites bactériennes, elle est causée par des champignons microscopiques, le plus souvent du genre Aspergillus ou Candida. Ces microorganismes se développent dans des environnements chauds, humides et mal ventilés, ce qui explique pourquoi l’oreille externe constitue un terrain favorable.

La mycose des oreilles n’est pas contagieuse, mais elle peut récidiver si les facteurs favorisants ne sont pas corrigés. Elle peut toucher aussi bien les adultes que les enfants, avec une fréquence plus élevée chez les personnes vivant dans des climats chauds ou humides.

Les causes et facteurs de risque

Plusieurs éléments peuvent favoriser l’apparition d’une mycose auriculaire. L’humidité est le principal facteur : baignades fréquentes, transpiration excessive ou port prolongé d’écouteurs peuvent créer un milieu propice au développement des champignons.

L’utilisation excessive de cotons-tiges est également en cause. En irritant la peau du conduit auditif et en retirant le cérumen protecteur, ils fragilisent la barrière naturelle de l’oreille. Les traitements antibiotiques locaux répétés peuvent aussi déséquilibrer la flore microbienne et favoriser la prolifération fongique.

Chez certaines personnes, la présence d’un diabète, d’un déficit immunitaire ou de maladies dermatologiques chroniques augmente le risque. Le port d’un appareil auditif mal ventilé ou insuffisamment nettoyé constitue également un facteur non négligeable.

Comment nettoyer un appareil auditif

Symptômes typiques d’une mycose auriculaire

Les signes cliniques sont parfois discrets au début, puis s’intensifient progressivement. Les démangeaisons profondes et persistantes sont souvent le premier symptôme. Elles peuvent devenir obsédantes et entraîner un grattage, aggravant l’inflammation.

Une sensation d’oreille bouchée est fréquente : la sensation d’oreille bouchée en cas de mycose de l’oreille est liée à l’accumulation de débris fongiques et de sécrétions dans le conduit auditif. Certains patients décrivent également des écoulements blanchâtres, jaunâtres ou grisâtres, parfois accompagnés d’une odeur inhabituelle.

La douleur n’est pas toujours présente, mais elle peut apparaître en cas d’inflammation importante. Une baisse de l’audition transitoire est possible, surtout si le conduit auditif est partiellement obstrué.

Mycose derrière l’oreille : une localisation particulière

La mycose derrière l' oreille concerne la peau du sillon rétro-auriculaire. Cette zone, souvent humide et soumise aux frottements, peut être le siège d’une infection fongique cutanée. Elle se manifeste par des rougeurs, des fissures, une desquamation blanchâtre et parfois des suintements.

Cette forme est fréquemment observée chez les personnes portant des lunettes, des masques ou des appareils auditifs, qui favorisent la macération. Un diagnostic précis est essentiel pour distinguer cette mycose d’un intertrigo ou d’une dermatite de contact.

Mycose ou eczéma de l’oreille : comment faire la différence ?

La distinction entre mycose ou eczéma oreille peut être délicate, car les symptômes se recoupent : démangeaisons, rougeurs et desquamation. Cependant, l’eczéma est une affection inflammatoire non infectieuse, souvent liée à un terrain allergique ou atopique.

La mycose, elle, s’accompagne plus volontiers de dépôts blanchâtres ou noirâtres dans le conduit auditif et répond mal aux traitements corticoïdes seuls. Un examen otoscopique réalisé par un médecin permet généralement de poser le diagnostic et d’éviter les erreurs thérapeutiques.

Comment est posé le diagnostic ?

Le diagnostic repose avant tout sur l’examen clinique. Le professionnel de santé observe l’aspect du conduit auditif à l’aide d’un otoscope. En cas de doute, un prélèvement local peut être réalisé afin d’identifier le champignon responsable.

Il est important de ne pas s’automédiquer trop longtemps sans avis médical, car un traitement inadapté peut aggraver l’infection ou masquer les symptômes.

Traitement médical de la mycose de l’oreille

La prise en charge repose sur plusieurs étapes. La première consiste à nettoyer soigneusement le conduit auditif afin d’éliminer les débris fongiques. Ce geste doit impérativement être réalisé par un professionnel pour éviter toute lésion.

Le traitement de la mycose de l’oreille repose ensuite sur l’application locale d’antifongiques sous forme de gouttes ou de crèmes adaptées. La durée du traitement varie généralement de 7 à 14 jours, selon la sévérité de l’infection.

Dans certains cas, un traitement prolongé de la mycose de l’oreille est nécessaire pour éviter les récidives, notamment chez les patients à risque ou en cas d’infection chronique.

Traitement sans ordonnance : quelles limites ?

La question d’un traitement de la mycose de l’oreille sans ordonnance revient fréquemment. Certaines solutions antiseptiques disponibles en pharmacie peuvent soulager temporairement les symptômes, mais elles ne remplacent pas un antifongique spécifique.

L’automédication peut retarder le diagnostic et favoriser la persistance de l’infection. En cas de doute ou de symptômes persistants au-delà de quelques jours, une consultation médicale reste indispensable.

Approches naturelles : prudence et bon sens

De nombreux patients s’interrogent sur le traitement naturel de la mycose de l’oreille. Certaines substances comme le vinaigre blanc dilué ou l’huile de tea tree sont parfois citées pour leurs propriétés antifongiques. Toutefois, leur utilisation dans l’oreille comporte des risques, notamment d’irritation ou de brûlure du conduit auditif.

Ces approches ne doivent jamais être utilisées sans avis médical, en particulier chez l’enfant ou en présence d’un tympan perforé.


Prévenir les récidives de mycose auriculaire

La prévention repose sur des gestes simples mais essentiels. Il est recommandé de garder les oreilles sèches, d’éviter l’usage excessif de cotons-tiges et de bien sécher les oreilles après la baignade.

Les personnes équipées d’un appareil auditif doivent veiller à un nettoyage régulier et à une bonne aération du dispositif. Un suivi auditif régulier permet de détecter précocement toute anomalie du conduit auditif.

Comment nettoyer ses oreilles

Quand consulter sans attendre ?

Une consultation médicale s’impose en cas de douleur intense, d’écoulement persistant, de fièvre ou de baisse auditive marquée. Les symptômes qui récidivent malgré un traitement bien conduit doivent également alerter.

Chez les personnes diabétiques ou immunodéprimées, toute suspicion de mycose auriculaire doit être prise au sérieux afin d’éviter les complications.

À retenir

La mycose de l’oreille est une infection fréquente, souvent sous-diagnostiquée, mais généralement bénigne lorsqu’elle est prise en charge correctement. Une reconnaissance précoce des symptômes, un traitement adapté et des mesures de prévention simples permettent d’éviter les récidives et de préserver le confort auditif au quotidien.

En cas de doute, ne banalisez pas les démangeaisons ou la sensation d’oreille bouchée : un avis professionnel reste la meilleure garantie d’un diagnostic fiable et d’une prise en charge efficace.

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Dernière révision le 2026-01-27

Sources

  • LeMédecin.frOtomycose : Guide complet
    https://lemedecin.fr/medical/pathologies/otomycose.html
  • Ameli.frTraitement de l’otite externe (formes bactériennes et mycosiques)
    https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/otite-externe/traitement-de-l-otite-externe
  • RecoMédicalesRecommandations ORL sur l’otite externe
    https://recomedicales.fr/recommandations/otite-externe/